< Retour aux articles

ÉCOLOGIE ET MÉDECINE : DES OBJECTIFS COMPLÉMENTAIRES

Par le docteur Didier Potier, Conseiller médical de la Mutuelle Saint-Martin
msm_ecologie_sante

Médecine et écologie sont complémentaires. La première a pour but la santé de l’homme, la deuxième le développement de rapports harmonieux entre l’homme et son environnement : un corps sain dans un monde sain. Porter attention à sa santé et à la planète relève souvent des mêmes gestes.

Trois exemples peuvent l’illustrer.

Les médicaments

Les produits pharmaceutiques peuvent se retrouver dans l’environnement, soit parce que – non triés – ils ont été jetés dans la nature, soit sous forme dégradée après avoir été absorbés par les animaux ou les humains. Les médicaments, conçus pour être biologiquement actifs, peuvent induire des effets secondaires non souhaités dans l’environnement (même à de très faibles concentrations). On peut citer la féminisation des poissons par l’éthynylestradiol contenu dans les pilules contraceptives et les phénomènes d’antibiorésistance. À la maison, les risques de confusion et d’intoxication des médicaments non utilisés (MNU) sont importants : chez les enfants, ils sont la cause d’une intoxication sur deux.

LES BONS GESTES : le tri et le retour en pharmacie des MNU. Rappelons que, depuis 2009, les pharmaciens ont l’obligation de les collecter pour le compte de l’organisme CYCLAMED, seul habilité (les associations humanitaires ne sont plus autorisées à le faire).

L’alimentation

Les pesticides ont des effets néfastes sur la biodiversité (exemple des abeilles). Les longs transports par camions ou avions de denrées alimentaires exotiques ou hors saisons polluent fortement. Par ailleurs, il a été montré que les pesticides, à doses autorisées mais sous forme de « cocktail », favorisaient la survenue du diabète. Il en est de même pour les plats industriels.

LES BONS GESTES : mangeons local, des produits de saison, bio si possible et cuisinons à la maison.

Les plastiques et perturbateurs endocriniens

Dérivés des hydrocarbures, ils participent à l’épuisement des énergies fossiles. Pour leur grande majorité, ils sont non biodégradables, polluent terre et mer et se retrouvent même dans la chair des poissons dont nous nous nourrissons. Un grand nombre de ces plastiques (et des additifs nécessaires à leur fabrication) sont des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils modifient le fonctionnement de nos hormones. Ces substances ont deux particularités : d’une part, il n’y a pas de doses seuils (en dessous de laquelle ces produits ne seraient plus dangereux) et, d’autre part, les modifications endocriniennes induites se transmettent sur au moins trois générations. Un exemple connu de ces perturbateurs est le bisphénol A qui se retrouvait dans la composition des biberons en plastique et qui est interdit en Europe depuis 2015 ; mais il en existe d’autre telles les phtalates.

LES BONS GESTES : limitons l’usage des plastiques à ce qui est strictement nécessaires (attention aux emballages et aux jouets), privilégions le verre, le papier ou d’autres matériaux naturels et recyclables.

Dès 1999, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclarait lors de la Conférence ministérielle Santé et environnement que «l’environnement est la clé d’une meilleure santé». Le Père Augusto Zampini, secrétaire adjoint du Dicastère pour le développement humain intégral, le rappelait aussi en 2020 dans un entretien au journal La Croix : «Notre santé dépend de la santé de nos écosystèmes, de la solidarité avec laquelle nous prenons soin les uns des autres et de notre planète».

Pour en savoir plus

< Retour aux articles