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Traitements du Covid : Prudence

Docteur Didier Potier, Conseiller médical de la Mutuelle Saint-Martin
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Le covid-19 est une maladie virale. Contrairement aux bactéries, un virus n’est habituellement pas sensible aux antibiotiques. C’est pourquoi le slogan dit : « Les antibiotiques, c’est pas automatique ».

Il existe d’autres traitements contre les virus : des antiviraux qui, le plus souvent, ne détruisent pas le virus mais limitent sa multiplication. Le vaccin protège de la maladie mais  il est long à mettre au point (au minimum 18 mois).

Depuis le début de l’épidémie à Covid-19, des médecins ont proposé divers traitements (des antiviraux connus, l’hydroxychloroquine, un antibiotique…). Les études préliminaires ont suscité des espoirs mais ces études ne permettent pas d’apporter une certitude. En effet, il est difficile d’évaluer le traitement d’une maladie qui guérit le plus souvent spontanément et dont les formes graves touchent principalement une population spécifique (porteurs de maladies chroniques ou âge supérieur à 65 ans)

Fin avril 2020, les données scientifiques disponibles sont les suivantes :

  • Des essais rigoureux sont nécessaires pour valider ces traitements. Ceux-ci sont en cours mais les premiers résultats ne sont pas attendus avant la mi-mai. Pour reprendre la conclusion de la revue médicale Prescrire (revue française de référence sur le médicament) : « Au 15 avril 2020, on ne connait pas encore de traitement qui réduit l’évolution d’un Covid-19 grave ».
  • Diverses études et celles diligentées par l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) montrent que ces traitements, aux doses préconisées pour le Covid-19, augmentent le risque d’effets secondaires sévères (parfois mortels).

En conclusion

Fin avril 2020, il n’est pas encore possible de dire si la balance bénéfice/risque est favorable à ces médicaments.

Suivant l’ANSM et conformément au décret du 25/03/2020 : « En aucun cas ces médicaments ne doivent être utilisés ni en automédication, ni sur prescription d’un médecin de ville, ni en auto-prescription d’un médecin pour lui-même, pour le traitement du COVID-19 ».

 

 

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