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Ne pas confondre : déconfinement
et fin de l’épidémie à Covid-19

Par le docteur Didier Potier, conseiller médical de la Mutuelle Saint-Martin
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Depuis le 22 juin, toute la France est en zone verte et les enfants ont repris le chemin de l’école. Le 11 juillet de nombreuses restrictions seront levées : à cette date le seul interdit notable sera les rassemblements de plus de 5 000 personnes. Est-ce pour autant la fin de l’épidémie à Covid-19 ? Rien n’est moins sûr.

S’il est certain que le nombre de nouveaux cas dépistés, celui des patients en réanimation et surtout celui des morts ont fortement baissés, il semblerait que cette courbe marque un palier. Les nouveaux « clusters » sont rapidement contrôlés mais ne se tarissent pas. Et, surtout, la pandémie est toujours là dans le monde entier. Elle n’est pas encore circonscrite en Amérique du Nord et se développe rapidement en Amérique du Sud.

Nous ne sommes donc toujours pas à l’abri et devons rester vigilants.

1.    Protégeons-nous

La transmission du virus se fait principalement par aérosol (fines gouttelettes en suspension dans l’air). On considère ainsi que 90 % des contaminations se font dans des lieux clos et mal ventilés.

Deux conseils en découlent :

  •  Portons un masque surtout dans les espaces confinés (magasin, transport…). Pour tout savoir sur le masque, lire (ou relire) l’article dédié.
  • Aérons. Pour les mêmes raisons, une bonne ventilation évite la stagnation de ces aérosols et la contamination. Attention : ouvertures fermées, les climatiseurs individuels et les ventilateurs n’aèrent pas une pièce mais brassent l’air (et favorisent la contamination). Seule l’ouverture des portes ou des baies permet le renouvellement de l’air (avec l’aide éventuelle d’un ventilateur).

2.    Soyons prévoyants

Deux instruments permettent, en cas de suspicion d’infection à Covid-19, de faire des mesures fort utiles au médecin. Ces mesures (ou « constantes » dans le jargon médical) sont la température et la saturation en oxygène (o²) et les instruments correspondants sont le thermomètre et l’oxymètre de pouls.

  • Le thermomètre. Les médecins généralistes le disent, cet instrument est de plus en plus rare dans les foyers. La température est un bon indicateur d’infection, c’est la « constante » de base dont s’enquerra tout médecin consulté.
  •  L’oxymètre de pouls. Pendant plusieurs mois, ce petit appareil dans lequel on glisse le doigt – et qui permet de mesurer la quantité d’oxygène circulant dans le sang artériel (la saturation en O²) – a disparu des pharmacies et des plateformes de vente en ligne tant la demande était forte. Peu onéreux (trente € environ), il permet de savoir si une personne fragile s’aggrave au niveau respiratoire, ou pas. Au même titre qu’un tensiomètre, cet appareil peut être d’une grande utilité dans les collectivités pour fournir au médecin interrogé par téléphone ces « constantes », marqueurs de l’état de santé d’une personne. Attention : comme pour le tensiomètre, un apprentissage rapide de son usage est nécessaire.

Vérifions leurs présences dans la pharmacie personnelle ou de la collectivité et, si besoin, achetons-les.

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