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Vaccins contre la Covid-19 :
de nouvelles approches vaccinales

Par le docteur Didier Potier, conseiller médical de la Mutuelle Saint-Martin
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Les trois vaccins contre la Covid-19, commercialisés au 1er trimestre 2021 en France, font appel à de nouvelles technologies, non encore utilisées pour la plupart des vaccins « traditionnels ». Quelles sont-elles et qu’est-ce que cela implique ?

 Le principe de la vaccination préventive

Tous les vaccins ont le même but : apprendre au système immunitaire de la personne vaccinée à reconnaître et à fabriquer des défenses spécifiques – les anticorps – contre le virus (ou la bactérie) visé. Ce processus, mémorisé, pourra ainsi neutraliser rapidement le virus lorsqu’il sera croisé ultérieurement. Le bénéfice d’un vaccin repose sur le fait que l’on immunise la personne sans l’infecter avec la maladie ciblée. Pour déclencher le processus immunitaire sans risque, l’astuce consiste à ne présenter que la « carte d’identité » du virus, soit la partie du virus que les défenses de l’organisme reconnaîtront comme la signature d’un intrus : l’antigène.

Tous les vaccins reposent sur ce principe, qu’il s’agisse de vaccins atténués (l’antigène est le micro-organisme vivant dont la virulence a été a amoindrie), de vaccins inactivés (micro-organisme entier tué), de vaccins « sous-unitaires » (fragments de micro-organisme purifiés ou produits par génie génétique). La majorité de ces types de vaccins nécessite l’utilisation d’adjuvants.

Contre la Covid-19, deux approches innovantes sont mises en œuvre :

  • Les vaccins à ARN (laboratoires Pfizer-BioNtech et Moderna)
  • Les vaccins à vecteur viral (laboratoire Astra-Zeneca et Institut russe Gamaleya – vaccin Spoutnik V)

Comment fonctionnent les vaccins à ARN ?

Proche de l’ADN, mais moins stable, l’Acide RiboNucléique (ARN) est indispensable à la production de protéines, elles-mêmes nécessaires au fonctionnement des cellules (ces protéines sont des enzymes).

Dans un premier temps, la portion de la molécule d’ADN correspondant à la protéine à produire est copiée sous forme d’ARN. Puis cette molécule d’ARN quitte ensuite le noyau, passe dans le cytoplasme de la cellule où elle sera utilisée comme un « guide de montage » de la protéine (voir plus loin Pour en savoir plus  : ADN, ARN, codage).

Dans le cas des vaccins à ARN, l’idée est d’injecter au patient des molécules d’ARN codant des protéines du virus (l’antigène) contre lequel on souhaite l’immuniser. Après injection de cet ARN, les cellules de l’individu fabriqueront elles-mêmes lesdites protéines permettant ainsi le déclenchement de la fabrication des anticorps.

Ce type de vaccin est facile à fabriquer car ils n’utilisent pas de virus entiers comme dans les vaccins issus de virus vivants atténués ou inactivés. Il ne contient ni adjuvant, ni conservateur mais simplement une molécule d’acide nucléique et des nanoparticules lipidiques.

Le problème majeur des vaccins à ARN est la fragilité de l’ARN qui se dégrade très rapidement dans des conditions normales. C’est la raison pour laquelle ces vaccins sont conservés à température très basse ( -70°C pour le vaccin Pfizer et -20° pour le Moderna).

Comment fonctionnent les vaccins à vecteur viral ?

Le principe est de faire fabriquer l’antigène caractéristique du virus contre lequel on souhaite se protéger par un autre virus non dangereux, un adénovirus en général. L’ADN de cet adénovirus est modifié de telle façon qu’il code pour la protéine souhaitée.

Ce virus est alors injecté à la personne à protéger. Il pénètre dans ses cellules où il se multiplie et produit l’antigène. L’organisme de l’individu vacciné réagit alors en fabriquant des anticorps et en mémorisant le processus.

Le défaut majeur de la technologie du vecteur viral est que les adénovirus sont des virus très communs contre lesquels beaucoup d’individus ont une immunité. Lorsque ce type de vaccin leur est injecté, ils peuvent détruire le virus porteur du code de l’antigène. C’est probablement la raison de la moindre efficacité chez les personnes de plus de 65 ans.

Les incertitudes

Par manque de recul, il n’est pas possible de donner des indications fiables sur l’efficacité, les effets secondaires, les contre-indications de ces nouveaux vaccins. De nouvelles informations sont publiées régulièrement, il est nécessaire de se renseigner sur des sites spécialisés (voir ci-dessous Pour en savoir plus : questions-réponses).

Enfin n’oublions pas, actuellement (1er trimestre 2021), que la personne qui souhaite se faire vacciner n’a pas le choix du vaccin qu’elle recevra.

Pour en savoir plus 

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