La santé mentale, l’affaire de tous
par Isabelle Bouchard, docteur et conseiller médical MSM/MSM-AS
La santé mentale, désignée Grande Cause nationale par le Gouvernement en 2025 et 2026, est l’affaire de tous : un Français sur quatre sera confronté à un trouble mental au cours de sa vie. Et ce, sans distinction de milieu social ou d’âge, les enfants et les adolescents étant également concernés.
Lever les tabous, améliorer l’accès aux soins et à l’information, renforcer la prévention sont devenus essentiels pour répondre au mieux à cet enjeu majeur de santé publique. La Mutuelle Saint-Martin, veillant à la santé de ses adhérents au quotidien, souhaite alerter sur ce sujet pour que la santé mentale devienne une priorité.
De quoi parle-t'on ? / Troubles psychiques / Qui est concerné ?/ Signes d'alerte / Que faire ? / Spi & Psy / Dispositif Mon Soutien Psy / Docteur Bouchard
Santé mentale : de quoi parle-t-on ?
Définition
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la santé mentale est “un état de bien-être” qui constitue un droit humain “fondamental” qui permet à chacun de réaliser son potentiel.
Une bonne santé mentale est bien plus que l’absence de souffrance psychique : “Elle permet de se sentir bien dans sa peau, de s’épanouir, d’agir, de s’intégrer dans une communauté familiale, amicale, scolaire, professionnelle et de participer à la vie socio-économique”, indique
l’Assurance maladie. Au-delà de sa dimension personnelle, la santé mentale est donc au fondement du fonctionnement d’une société.
Un équilibre constant
Une bonne santé mentale permet de surmonter les aléas de la vie : baisses de moral ponctuelles, pics de stress, de tristesse, de découragement... Certains facteurs jouent sur la santé mentale, comme le sommeil, l’activité physique ou encore l’alimentation. La santé mentale n’est donc pas un état figé, mais repose sur la recherche permanente d’un état d’équilibre psychique, propre à chaque personne, selon ses conditions de vie et les évènements qu’elle vit ou qu’elle a vécus.
La santé mentale est intimement liée à la bonne santé physique. Car être en bonne santé, c’est se sentir bien physiquement et mentalement.

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Qu’est-ce qu’un trouble psychique ?
On parle de trouble psychique, de maladie mentale ou de trouble psychiatrique en cas d’altération majeure des grandes capacités de l’être humain, comme la pensée, la mémoire, l’attention, la régulation des émotions ou du comportement. Ce bouleversement entraîne généralement un sentiment de détresse ou des déficiences fonctionnelles dans la vie quotidienne. Une prise en charge spécialisée est alors souvent nécessaire.
Mais avoir un trouble psychique n’empêche pas d’être en bonne santé mentale : on peut se rétablir d’un trouble psychique, ou avoir une vie heureuse et satisfaisante, tout en vivant avec ce trouble.
De divers ordres
Les troubles psychiques peuvent être de différents ordres : dépressifs, psychotiques, post traumatiques, troubles du comportement alimentaire, de la personnalité, ou liés à la consommation d’alcool et aux addictions. Les comportements suicidaires, les attaques de panique et les automutilations sont des troubles psychiques présents dans différentes maladies psychiques qui nécessitent une prise en charge urgente.
A ne pas confondre avec...
Un trouble psychique ne doit pas être confondu avec de la démence, qui correspond à un déclin neurocognitif progressif, durable, non régressif. Ni être confondu avec le trouble neurologique lié à un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral ou une maladie neurologique dégénérative.
Ces différents états présentent des similitudes. Ce qui permet de les différencier, c’est souvent le contexte, la réalisation d’un bilan neurocognitif et d’une IRM cérébrale.
Qui est concerné par les troubles psychiques ?
41 % des Français
Selon un sondage réalisé par Odoxa et la Mutualité française en 2024 sur un échantillon représentatif de la population française de 18 ans et plus, 41% des Français disent avoir été affectés par un problème de santé mentale au cours de leur vie.
Les populations précaires et vulnérables sont plus particulièrement exposées aux troubles de la santé mentale :
- chez les personnes âgées, l’isolement social peut engendrer de l’anxiété,
- les aidants d’un parent âgé, d’un proche ou d’un enfant malade ou en situation de handicap sont confrontés au besoin de répit physique et mental,
- les familles monoparentales, et plus particulièrement les mères isolées, subissent une charge mentale et physique intense pouvant mener à l’épuisement,
- les personnes rencontrant des difficultés à accéder au monde du travail peuvent souffrir d’un sentiment d’exclusion engendrant une perte de confiance en soi,
- chez les plus jeunes, une surexposition aux écrans peut entraîner des troubles du développement et du comportement, aggravant leur vulnérabilité psychique.
Causes multiples
Comme l’indique le Ministère du Travail et des Solidarités, la santé mentale est influencée par des facteurs individuels, mais aussi sociaux, culturels, économiques, politiques et environnementaux. La qualité et les conditions de vie, le travail et les interactions sociales sont des facteurs déterminants de l’état de santé mentale des personnes.
Tous ces facteurs cumulés peuvent renforcer le mal-être et les risques de troubles mentaux, nécessitant un accompagnement et une prise en charge adaptés.
Dans le monde religieux
Concernant le monde religieux, peu de données sont disponibles hormis l’étude sur la santé des prêtres cofinancée par la Mutuelle Saint-Martin Action Sociale en 2020. Cette enquête révélait alors que 9% des prêtres présentaient un syndrome dépressif, 40% avaient un faible degré d’accomplissement, 7% avaient un degré élevé d’épuisement et 2% étaient en burn-out sévère.
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Le coût annuel des troubles psychiques |
Signes d'alerte
“Fièvre, douleur, rougeurs... On sait identifier les signes qui nous indiquent que notre corps est malade ou blessé”, peut-on lire sur le site internet de Santé mentale info service. “Mais nous ne savons pas forcément les identifier quand il s’agit de notre santé mentale. Pourtant, quand on ne va pas bien, il existe aussi des signes qui peuvent nous alerter. Ils peuvent s’installer progressivement ou rapidement, mais, dans tous les cas, ils marquent un changement avec notre état habituel.”
Il faut ainsi être attentif aux variations dans le sommeil et l’alimentation, au repli social et à tout changement notable avec ses proches, à l’apparition de difficultés scolaires ou professionnelles, à la consommation de substances ou l’adoption de conduites à risque, à une baisse de l’estime de soi, au développement de peurs, d’émotions très négatives, ou encore de pensées suicidaires.
Plus on repère ces signes rapidement, plus vite on peut agir.
Que faire si des signes d’alerte apparaissent ?
Ces signes peuvent être présents de manière banale ou transitoire, mais si cela se prolonge et qu’une souffrance s’installe ou que cela impacte la vie quotidienne, le mieux est de pouvoir échanger avec une personne de confiance dans son entourage. Parler sans honte est un premier pas.
Si se confier à un proche est gênant, appeler une ligne d’écoute et d’aide à distance est une option à ne pas négliger, tout comme la prise de contact avec une association pouvant mettre en lien avec des personnes confrontées aux mêmes difficultés. Ces associations peuvent également orienter les personnes souffrantes vers des professionnels de santé mentale.
☎ 3114 : ligne d'écoute confidentielle et gratuite
n° national lancé par le Ministère de la Santé en 2021
Si les signes d’alerte sont intenses et s’installent dans la durée (plus de deux semaines), il faut alors aller voir un professionnel de santé, un médecin généraliste, un psychologue ou un psychiatre.
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Ne pas confondre spi et psy
On peut écouter une personne avec attention et bienveillance mais accompagner une personne présentant des troubles psychiques ne s’improvise pas. Il ne suffit pas d’être prêtre, religieux ou religieuse, moine ou moniale pour savoir écouter. La bonne volonté et la bienveillance sont nécessaires mais elles ne suffisent pas. Écouter et accompagner une personne en souffrance psychique, cela s’apprend et nécessite des compétences professionnelles.
Points communs
L’accompagnement spirituel et la psychothérapie ont des points communs. Dans les deux cas, il s’agit d’une relation d’aide nécessitant une écoute bienveillante, empathique et sans jugement qui contribue à la croissance en liberté d’une personne.
Différences
Mais l’accompagnement spirituel a pour objectif d’aider une personne à vivre sous le regard de Dieu et à relire son chemin de foi, alors que la psychothérapie est un soin pour aider notre vie psychique.
Un bon accompagnateur spirituel saura renvoyer vers un psychothérapeute si nécessaire et vice versa. Une psychothérapie peut être un complément précieux dans une démarche d’accompagnement spirituel.
Devenir secouriste en santé mentaleSe former pour apporter les premiers soins en santé mentale, c’est possible grâce à PSSM Formation. Cet organisme est une filiale de PSSM France, association à but non lucratif fondée en 2018. “Aider quelqu’un qui ne va pas bien, ça s’apprend, il y a une méthode”, explique ainsi PSSM Formation, proposant une formation aux premiers secours en santé mentale. Ouverte à tous, cette formation de deux jours a pour objectif d’aider à repérer la souffrance psychique dans l’entourage, afin de proposer une aide aux personnes en souffrance. “La formation aux premiers secours en santé mentale apporte des connaissances sur la santé mentale, réduit les comportements stigmatisants, augmente la confiance en sa propre capacité à aider et renforce sa propre santé mentale”, assure l’association. L’organisme a déjà formé plus de 300 000 personnes sur l’ensemble du territoire français. Plus de précisions sur www.pssmfrance.fr |
Dispositif Mon Soutien Psy
L’Assurance Maladie propose, avec le dispositif Mon soutien psy, de prendre en charge jusqu’à 12 séances d’accompagnement psychologique chez un psychologue partenaire. La séance coûte 50 euros et est remboursée à 60 % par l’Assurance Maladie.
Mon soutien psy s’adresse à toute personne, dès 3 ans, qui se sent angoissée, déprimée ou éprouve un mal-être.
Les 40 % restants sont pris en charge par la Mutuelle Saint-Martin. En cas de surcoût au-delà de ces 12 séances, il est possible de faire appel à l’Action Sociale, le fonds de secours de la Mutuelle Saint-Martin, pour une aide à la prise en charge.
En savoir plus






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